Priorité à l’optique ou au logiciel ?
À force de courir après le smartphone, l’appareil photo
hybride risque-t-il de perdre son âme ?
Alors que les appareils photo hybrides n’ont jamais été
aussi sophistiqués, une partie de leur progrès semble désormais suivre une
direction dictée par… le smartphone, ce qui est pour le moins paradoxal ! La
qualité d’une photographie ne résulte plus uniquement de la qualité de l’objectif
et du capteur. Elle dépend aussi, et de plus en plus, de ce que le processeur
et les algorithmes sont capables de faire avec les informations capturées. Le
smartphone ne se contente plus de photographier, il calcule et fabrique l’image.
On obtient une photographie extrêmement nette, très contrastée, très propre, avec
des couleurs flatteuses etc…, une image qui semble parfaite mais aux
transitions « raides » et sans nuances, souvent impersonnelle. Les défauts
sont gommés y compris ceux des objectifs dans le cas des hybrides. On sort ici
clairement du champ de la photographie car un objectif n’est pas seulement un
instrument destiné à transmettre le maximum de lumière avec le minimum de
défauts. Il possède un caractère. À force de corriger systématiquement tout ce
qui ressemble à un défaut, on risque paradoxalement de produire des images
techniquement irréprochables mais esthétiquement interchangeables.
Smartphones et hybrides sont avant tout des ordinateurs. Même
si la qualité des images des appareils hybrides surpasse de loin, en rendu,
finesse et nuances (du moins en haut de gamme) celle des smartphones, elle n’est
plus le fruit d‘optiques visant la perfection et le caractère, puisque tout est
corrigé sinon « reconfiguré » par voie logicielle. On achète très cher un
produit industriel standard de série. Marché de niche (et de gens aisés), l’appareil
hybride peine à disposer d’une recherche et développement aussi considérable
que celle des smartphones.
On ne peut que refuser cette évolution et rester sur le
marché de l’occasion des reflex et des bons objectifs à prix modéré, pour bien
composer, bien régler et bien interpréter ce que l’on veut traduire et exprimer.
Le smartphone, c’est une autre forme de capture d’image et d’expression.
C’est souvent « sympa » et bien moins cher qu’un hybride !
Avec le reflex, on réfléchit et prend son temps !!
https://www.youtube.com/watch?v=9QN5ylDjJ8Q&t=6s
https://www.youtube.com/watch?v=i1iwVnbVm3s&t=13s
L’acte photographique riche de sensations émotionnelles et d’expression reste la base de tout ; savoir observer, aimer contempler, choisir et composer. Ce qui m’interpelle, c’est la fréquente seule mise en avant des outils chez de nombreux communicants, dont certains ne vivent que de cela, adossés exclusivement à YouTube et Adobe ! Tout cela conduit à un nivellement vers le plus petit dénominateur commun. Tirer parfois un peu trop les curseurs ou autres effets pour rechercher un effet créatif curieux ou particulier, pourquoi pas ! En art on ne s’interdit rien ! Le résultat est d’ailleurs assez souvent très moche…tant pis !! Rien ne vaut le naturel peu retouché. Ce que j’aimerais, c’est la simplification des outils de prise de vue, avec une vraie recherche et développement qui nous sorte, par exemple, des logiques finalement très rudimentaires, de la matrice de Bayer et ses traitements parfois un peu acrobatiques et qui font le sel, sinon le beurre, d’un certain nombre d’influenceurs. L‘appareil photo ne peut pas ressembler grossièrement et même de loin à un smartphone à l’image fabriquée et retouchée à outrance.







.jpg)






