Visions printanières...
Images fugitives d'un début de printemps avec ses lumières et couleurs au gré des variations climatiques et des giboulées.....
Mon parcours est très atypique car je suis retraité après validation de 44 années d'activité principalement dans le domaine du transport et de la logistique avec une forte connotation internationale. Pour y parvenir, j'ai effectué mes études supérieures en travaillant en parallèle (activités fort éclectiques), grâce à l'enseignement à distance et aux travaux dirigés du soir (ancien élève de René Rémond et Philippe Vigier à Paris X),
Que reste-t-il de la photographie ?
La photographie, c’est la perception des formes et des lumières, en une composition, dans une image organisée choisie, qui joue de ces éléments, en fonction de notre propre sensibilité. L’appareil n’est qu’un outil au service de cette vision.
Certes, la
technique apporte une aide puissante dans cette création, mais ce n’est pas un
but de performance en soi. Obnubilés par le « piqué » et le Bokeh, on
ne doit pas oublier qu’une belle image n’est pas systématiquement ciselées au
rasoir et qu’un fond n’est pas systématiquement une trame uniformément floue,
sans oublier que, de toute façon, l’appareil ne fait que sortir une image
reconstituée, interprétée et fabriquée de toute pièce, que ce soit par une
pellicule ou un capteur. L’image doit simplement dégager « une
impression », en clin d’œil à Claude Monet !
Or, on
voit de plus en plus apparaître des outils photos boutonneux, débordant de
fonctions plus ou moins compliquées, utiles ou artificielles, avec des
commandes dignes d’une navette spatiale et avec des prix de plus en
plus…….astronomiques !
Le marché
de la photo est en crise, pendant que celui de l’image explose ! Le smartphone
a engendré une baisse abyssale de la vente du nombre d’appareils photo, et un
nombre toujours plus grand d’images partagées. De médiocre, la fonction photo
des smartphones est devenue bonne puis très bonne, sous l’impulsion d’équipes
de recherche et développement très imaginatives et avec un travail intensif
(capteur photo, logiciels de traitement et aussi longévité des batteries). De
son côté, l’appareil photo traditionnel n’a bénéficié que d’améliorations,
certes notables et continues, mais sans aucune révolution. Les marques, en
diminution constante, se concentrent donc vers le très haut de gamme et
l’excellence, en une stratégie de niche de plus en plus réduite et contrainte.
A cet égard, le salon de la photo devient un cénacle restreint de professionnels
confirmés de la photo.
Une
opportunité notable a été manquée pour un format compact et de qualité, le
micro 4/3, dont les promoteurs n’ont pas su tirer tous les avantages à l’instar
du monde des smartphones. Je doute désormais de
l’avenir des marques soutenant ce format. OM System a fait le choix d’une
montée en gamme très onéreuse qui ne me semble pas correspondre à la cible de
ce format. Outre l’absence remarquée au salon de la photo (sans aucune
explication crédible et ce n’est pas la dernière interview de son directeur du
marketing sur Phototrend qui va me rassurer…), ses optiques très haut de gamme
(toutes excellentes) ne pourront intéresser que les cinéastes animaliers
travaillant en Panasonic. Les photographes animaliers, plutôt jeunes et
sportifs, ne sont pas rebutés par le poids d’un full frame et choisiront plutôt
un Sony A1 et ses optiques. Cela revient à gâcher les qualités évidentes du
matériel Olympus (anti-poussière, stabilisation, construction tout temps
exceptionnelle, outre la compacité, la légèreté, le rendu des couleurs, avec
des prix bien étudiés pour ses boîtiers et optiques) qui n’a manqué que d’une
recherche poussée sur l’IA « image » pour se distinguer. L’avenir des
marques se jouera désormais en un club fermé et limité avec très grosses marges
et petites unités vendues (Canon, Sony puis Nikon et……..).
J’ai donc
tout revendu mon matériel Olympus, en rejetant tout cet élitisme futile (sauf
évidemment pour les photographes animaliers, de studio, de reportage etc…).
Totalement à contrecourant, je suis revenu à un ancien et démodé Lumix TZ70 et
utiliserai majoritairement mon petit Iphone SE de 2020, tous deux achetés
d’occasion et dotés d’une nombre raisonnable de 12 millions de pixels !
Cela m’obligera à me concentrer sur l’essentiel : la composition de formes
et couleurs !
Mes premiers essais Lumix TZ70.....
Du charme des photos ratées……
Du refus de la ruineuse technicité à outrance…….
On ne peut que difficilement faire de bonnes photos, si les
bases techniques élémentaires ne sont pas connues, même en tout automatique,
car cela permet de comprendre comment l’appareil va capter l’image. A contrario,
se concentrer sur toutes les subtilités de l’électronique d’un appareil photo
ou sur les analyses optiques méticuleuses des objectifs, ne conduira jamais à
de belles images, même avec un très gros budget. Face à la débauche de
fonctionnalités, si complexes qu’elles en deviennent ingérables, et au budget nécessaire de plus en plus
considérable (plusieurs milliers d’Euros), on reste pantois. Certes, un certain
nombre de professionnels ou d’amateurs éclairés ont besoin de ces matériels
très pointus, notamment en photo animalière où, au-delà de l’œil et du talent,
il faut des équipements adaptés. Il en va de même pour la photo de studio etc…Mais
ce ne sont, au final, qu’une infime minorité de photographes. En outre, quand
je regarde certaines photos sensées exprimer des réalités de ce monde, un monde si
noir, je ne vois en fait qu’un capharnaüm de formes et de taches de couleurs ou
de dégradés tristes et agressifs. On se demande finalement si l’art ne dérive
pas parfois vers l’obscurité, sinon l’obscurantisme. Rechercher les plans, sous
belle lumière fugitive, reste l’essence même de la photographie. Et pour cela,
un simple 50mm sur un boitier basique mais bon, ou un bon smartphone, rendent
les services attendus. Avoir le coup d’œil, « la patte », cela vaut
bien plus qu’un lourd emprunt bancaire et…..un bien pesant et encombrant matériel !
Comment procédait la regrettée Sabine Weiss ? La démarche mentale et
esthétique est finalement très proche de celle des impressionnistes.
Evidemment, avec un équipement simple, certaines limites techniques, en plus de
notre maladresse…, nous font rater pas mal de photos mais finalement pas
tant que cela ! Si l’usage outrancier de Photoshop, hors correctifs nécessaires
en développement, s’avère condamnable, il devient passionnant, quand on essaie
de faire ressortir tout ce qu’il y a de poétique, dans une photo ratée, en
poussant très fort certains curseurs ! Alors, passionnons-nous avec de la
photo « Billebaude », à l’aide de boites à images simples.
Mes photographes préférés :
Sabine Weiss
Adrien Favre
Merryl Zawol
Felix Wesch
Odile Tambou
Dorota et Bruno Senechal…………non exhaustif……
Mon magazine préféré : « Image et Nature »
Ci-dessous des photos ratées………….